ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE

Les évêques du Cameroun posent pour la photo de famille à l'ouverture de la 51e Assemblée plénière ordinaire de la CENC, à Mvolyé, Yaoundé. | photo: Magnus Ful

Réunis à Yaoundé, les évêques du Cameroun examinent les moyens de traduire en actes les appels du pape Léon XIV.

Par Magnus Ful à Mvolyé le 2 juin 2026

Les évêques du Cameroun ont ouvert leur 51e Assemblée plénière à Yaoundé avec deux questions au centre de leurs discussions : comment donner suite aux recommandations du pape Léon XIV, et que faire concrètement pour la paix.

La Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) se réunit chaque année, mais cette édition a une couleur différente. Elle intervient moins de deux mois après la visite apostolique du pape Léon XIV au Cameroun, du 15 au 18 avril, qui l’avait conduit à Yaoundé, Bamenda et Douala. C’était la première fois qu’un pape rencontrait les évêques camerounais dans leurs propres locaux, au siège de la conférence épiscopale à Mvolyé.

Le président de la CENC, Mgr Andrew Fuanya Nkea, a été direct dans son discours d’ouverture. « Pendant cette semaine, nous allons faire beaucoup de réflexions sur les messages laissés par le Saint-Père au Cameroun », a-t-il dit. « Nous allons aussi regarder comment implémenter tout ce que le Saint-Père a recommandé pour notre pays, pour notre Église et pour la population camerounaise. »

Les évêques du Cameroun recueillis dans la prière à l’ouverture de la 51e Assemblée plénière ordinaire de la CENC à Yaoundé.Photo: Magnus F.

La question de la paix a pris une large place dans ses propos. Les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord restent sous tension. Des familles continuent de se déplacer, des difficultés économiques s’accumulent, et la violence n’a pas disparu. Pour Mgr Nkea, les responsables politiques ne peuvent pas gérer seuls : « Le gouvernement doit écouter les citoyens. » Il a dit aussi, sans détour : « La paix n’est pas une décision, la paix est la vie. » Les responsables religieux, la société civile, et les citoyens ont chacun un rôle à tenir.

L’archidiocèse de Yaoundé vit par ailleurs une année chargée en anniversaires. Mgr Jean Mbarga l’a qualifiée d’« année de mémoire, de foi et de bénédiction ». Plusieurs dates se croisent en 2026 : 125 ans depuis l’arrivée des missionnaires pallotins, 120 ans de la première cathédrale de Mvolyé, un siècle pour le petit séminaire d’Akono, et 70 ans pour l’archidiocèse. Mgr Mbarga a aussi mentionné la reconnaissance récente des vertus héroïques du religieux Jean-Thierry Ebogo, mort il y a vingt ans et dont la tombe à Yaoundé est encore fréquentée par des fidèles.

La CENC elle-même fête ses 60 ans lors de cette 51e Assemblée. Mgr Nkea a rendu hommage aux évêques qui ont bâti l’institution, avant d’inviter ses confrères à continuer dans le même esprit.

Les travaux de la semaine porteront sur les rapports des commissions, plusieurs projets pastoraux, et des échanges approfondis sur la paix, la jeunesse, la justice sociale et le développement. Interrogé sur une affaire de violation présumée des droits d’une jeune fille, Mgr Nkea a rappelé la position de l’Église sans l’atténuer : « L’Église a toujours condamné les actes de violation des droits humains et de la dignité humaine. »

Les conclusions de l’Assemblée seront rendues publiques dans un communiqué final à la clôture des travaux.

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