À Kumba, à l’occasion du séminaire de la Cenc, Mgr Joseph-Marie Ndi-Okalla revient sur l’accueil reçu, la situation nationale et les enjeux théologiques de la communion et de la collégialité épiscopale.
propos recueilli Par Magnus Ful
Monseigneur Joseph-Marie Ndi-Okalla, dans quel contexte se tient ce séminaire de l’Épiphanie et comment s’est déroulée votre arrivée à Kumba ?
Le séminaire de l’Épiphanie est une rencontre traditionnelle de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun. Il constitue chaque année un temps fort de réflexion, de discernement et de fraternité entre évêques. Cette année, il se tient à Kumba, où nous sommes accueillis au centre pastoral dans un climat de grande cordialité.

Compte tenu des épreuves qu’a connues la région ces dernières années, des interrogations légitimes existaient. Partant de mon diocèse de Mbalmayo, je peux témoigner avec joie que le voyage s’est bien déroulé et que l’accueil a été profondément chaleureux. Nous avons trouvé un peuple marqué par les défis, mais habité par une foi solide et une espérance admirable.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la situation de Kumba et sur l’évolution du contexte camerounais ?
Depuis plusieurs années, nous suivons la situation du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avec une grande souffrance, à la fois comme pasteurs et comme citoyens. Toutefois, ce que nous observons aujourd’hui à Kumba est encourageant. La vie reprend progressivement. La ville se montre dynamique sur les plans social, économique et ecclésial.
Un moment personnel m’a particulièrement marqué. En priant au cimetière, le jour anniversaire du décès de ma mère, j’ai vu des enfants se rendre à l’école avec joie. Ce simple tableau est un signe puissant. Il montre que la confiance renaît et que l’avenir se construit à travers la jeunesse. Ces signes sont porteurs d’espérance pour l’Église et pour la nation.
Le thème du séminaire était la communion et la collégialité. Quelle est sa signification théologique ?
La communion est au cœur de la foi chrétienne. Elle trouve son fondement dans la vie trinitaire elle-même, dans la relation d’amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cette communion divine constitue le modèle et la source de toute communion humaine et ecclésiale.

Jésus lui-même insiste sur cet enjeu dans sa prière sacerdotale, rapportée au chapitre 17 de l’Évangile selon saint Jean. Il prie pour l’unité de ses disciples afin que le monde croie. La communion est donc intrinsèquement liée à la mission. Sans communion vécue, le témoignage perd de sa crédibilité.
La collégialité, quant à elle, renvoie au collège des apôtres. Les évêques, en tant que leurs successeurs, sont appelés à exercer leur ministère dans un esprit de coresponsabilité, d’écoute mutuelle et de discernement commun, toujours au service du peuple de Dieu.
Les objectifs du séminaire ont-ils été atteints et quels enseignements en tirez-vous pour l’avenir ?
Le séminaire a été d’abord un temps de ressourcement spirituel fondé sur la parole de Dieu. La récollection animée par l’évêque de Bafia nous a permis d’approfondir les vertus de la communion et de la collégialité, tout en identifiant les obstacles susceptibles de les fragiliser.

Les échanges fraternels ont été sincères et exigeants. Comme dans toute famille, les sensibilités et les contextes diffèrent. Les vingt-six diocèses du Cameroun vivent des réalités diverses. Toutefois, nous partageons une même grammaire fondamentale, celle de l’Évangile, de la mission et du ministère épiscopal.
La communion et la collégialité ne signifient pas uniformité, mais unité dans la diversité. L’enjeu est de marcher ensemble, de témoigner du Christ dans des contextes variés et de répondre, avec foi et responsabilité, à l’appel de Dieu qui veut le salut de tous.