À Yaoundé, l’Assemblée générale 2025 de l’ACADIR a réuni les communautés religieuses autour de la paix et du vivre ensemble, dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires persistants.
Par Magnus Ful
Réunie à Yaoundé dans la salle des conférences de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, l’Association Camerounaise pour le Dialogue Interreligieux, ACADIR, a tenu sa 14e Assemblée générale couplée à la 2e Conférence annuelle. Cette rencontre, organisée le 17 décembre 2025, était placée sous le thème : « La gestion des conflits : relecture et appréciations sur le rôle et le témoignage des communautés de foi au service du bien commun ». Dans un contexte sociopolitique sensible au Cameroun, l’événement a rassemblé les représentants des confessions catholique, musulmane, orthodoxe et protestante, illustrant l’importance du dialogue interreligieux pour la paix et la cohésion nationale.

Présidée par Monseigneur Joseph Marie Ndi Okala, président du Conseil permanent de l’ACADIR, l’Assemblée a mobilisé trente-huit participants ainsi qu’un observateur des Nations unies. Les travaux, structurés autour d’une cérémonie d’ouverture et d’une séance plénière, ont permis d’évaluer les actions menées par l’ACADIR et de dégager de nouvelles orientations stratégiques en faveur du vivre ensemble et de la stabilité sociale.
Une gouvernance renforcée pour l’ACADIR
L’un des axes majeurs de cette Assemblée générale a porté sur la révision des statuts et du règlement intérieur de l’ACADIR. Plusieurs articles ont été relus, amendés et adoptés afin de renforcer le cadre institutionnel et le fonctionnement interne de l’association. Cette démarche vise à améliorer l’efficacité de l’ACADIR dans la promotion du dialogue interreligieux et la prévention des conflits au Cameroun.

Les participants ont également examiné les rapports d’activités des antennes régionales, l’évaluation des partenaires internationaux et le rapport lié à l’accord entre l’UNICEF et l’ACADIR. Ces échanges ont mis en lumière les actions menées sur le terrain, tout en soulignant la nécessité d’une meilleure coordination et d’un suivi renforcé des programmes.
Des résolutions pour la paix et le développement
Les travaux de l’Assemblée générale 2025 ont été sanctionnés par l’adoption de résolutions structurantes. Celles-ci portent sur l’application stricte des statuts et du règlement intérieur de l’ACADIR, le renouvellement des mandats des antennes régionales, l’élaboration d’un budget pour l’Assemblée générale 2026 et la relance régulière des réunions du Bureau exécutif et du Conseil permanent.
Les contributions annuelles des communautés de foi ont été harmonisées, tout en laissant ouverte une réflexion sur leur amélioration. D’autres décisions concernent l’achèvement du logo de l’ACADIR et la finalisation du manuel scolaire destiné à promouvoir l’éducation au dialogue interreligieux et à la culture de la paix.

Le dialogue interreligieux au service du vivre ensemble
Au-delà des aspects organisationnels, les échanges ont insisté sur la responsabilité citoyenne des leaders religieux face aux défis de la paix, de la justice et du développement humain au Cameroun. Monseigneur Joseph Marie Ndi Okala a rappelé que « les communautés de foi ne peuvent pas rester spectatrices devant les enjeux de la dignité humaine, de la promotion sociale et du vivre ensemble ».
Évoquant les tensions persistantes dans plusieurs régions du pays, il a souligné l’importance de l’engagement des croyants pour prévenir les violences et renforcer la cohésion sociale. « Quel peut être le rôle des croyants pour faire reculer la violence et contribuer au bien commun », s’est-il interrogé, appelant à un dialogue interreligieux actif et responsable.
À travers cette Assemblée générale, l’ACADIR confirme son positionnement comme un acteur majeur du dialogue interreligieux, de la paix durable et du développement humain intégral au Cameroun.