Des leaders religieux se sont réunis à Mbalmayo pour évaluer une décennie de partenariat, affiner les stratégies futures et renforcer le rôle de la coopération interreligieuse dans les efforts de paix au Cameroun.
Par Magnus Ful
Du 23 au 27 novembre 2025 à Mbalmayo, la direction nationale de l’ACADIR s’est réunie pour l’atelier d’évaluation finale du Projet 121-900-1148ZG-ACADIR. Quatorze participants ont pris part aux travaux, notamment des membres du Conseil Permanent, du Bureau Exécutif, des présidents régionaux ou leurs représentants, de la Cellule d’Appui Technique, et de l’Assistant Technique du SCP-CENC. La rencontre a examiné dix années de partenariat et trois années d’activités de terrain, offrant une évaluation structurée des réalisations et des défis liés à la consolidation de la paix nationale.
Résultats de l’évaluation et progrès institutionnel
Les participants ont examiné l’évaluation finale et les recommandations émises par le bailleur de fonds, Misereor, après la revue internationale. Les discussions ont confirmé que les activités du projet ont souvent dépassé le cadre initial, particulièrement en matière de médiation communautaire et de collaboration entre acteurs chrétiens et musulmans.

Le Révérend Constant Benjamin Momboa Duma, Coordinateur de la Cellule d’Appui Technique et Secrétaire de la Commission Épiscopale pour l’Œcuménisme et le Dialogue Interreligieux, s’est dit satisfait du sérieux du travail accompli. Il a fait état de progrès évidents dans les attitudes, la coopération et les relations entre acteurs communautaires. Il a également souligné la nécessité d’augmenter les effectifs, de diversifier les sources de financement et d’améliorer l’accès aux régions touchées par l’insécurité ou l’enclavement.
Les voix des responsables sur la consolidation de la paix
L’atelier s’est ouvert sur les propos de Monseigneur Joseph Marie NDI OKALLA, Évêque de Mbalmayo et Président de la Commission Épiscopale pour le Dialogue Interreligieux et l’Œcuménisme. Il a invité les participants à se souvenir des racines du dialogue interreligieux établies par Ecclesiam Suam de 1964 et Nostra Aetate de 1965. Il a souligné que l’ACADIR est né de cette vision et insisté sur le fait que les défis dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest concernent toute la nation.

Il a conclu par une question centrale pour les participants : « Comment les religions sont-elles aujourd’hui des facteurs de paix, et comment façonnent-elles notre responsabilité collective ? »
Cheikh Faisal Mounir, Vice-président du Conseil Permanent, a reconnu l’engagement des équipes régionales. Il a noté que « la construction de la paix n’est pas simple, mais le processus avance », et a appelé à renforcer la formation et la documentation pour soutenir les rapports futurs.
Orientations à long terme pour l’ACADIR
L’atelier a produit une feuille de route renouvelée pour la prochaine phase de l’association. Les membres ont convenu que la stabilité du leadership, l’amélioration de la communication avec les communautés et le renforcement de la coordination avec les structures administratives sont essentiels pour pérenniser l’impact. Les malentendus persistants des communautés concernant la mission de l’ACADIR ont été identifiés comme un défi majeur. Les participants ont recommandé davantage de sessions de sensibilisation pour clarifier que l’ACADIR rassemble plusieurs traditions religieuses pour le dialogue, et non pour la conversion.

Les ambassadeurs de la paix, incluant leaders religieux, femmes et jeunes, ont été salués pour leurs succès en médiation dans plusieurs régions. Leur travail dans les régions du Littoral et de l’Est a illustré comment des acteurs locaux formés peuvent réduire les tensions, assister les familles déplacées et promouvoir la coopération.
À la fin de l’atelier, les participants ont réaffirmé leur engagement à faire progresser le dialogue interreligieux et à consolider les structures qui soutiennent la paix à long terme. Les résultats de l’évaluation et les recommandations guident désormais l’orientation stratégique de l’ACADIR, garantissant que son rôle dans le renforcement de l’unité nationale demeure cohérent et durable.