Par Magnus Ful
Dans un discours très attendu, Issa Tchiroma Bakari affirme avoir remporté la présidentielle du 12 octobre et appelle à une transition pacifique, sur fond de tensions croissantes dans le pays.
Contexte et revendications
L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 continue d’agiter la scène politique camerounaise. Selon Jeune Afrique, plusieurs observateurs ont dénoncé des irrégularités électorales, notamment dans les régions septentrionales où la participation a été contestée.
Des manifestations ont éclaté à Yaoundé, Douala et Garoua, entraînant des affrontements entre militants de l’opposition et forces de sécurité.
D’après Cameroon Tribune, une vingtaine de personnes auraient été interpellées.
Dans ce climat tendu, Issa Tchiroma Bakari, ancien ministre et chef du parti Union pour le Changement, s’est adressé à la nation pour revendiquer la victoire et dénoncer ce qu’il qualifie de “confiscation du pouvoir par une oligarchie prédatrice”.
Les mots du candidat
« Après la compilation des procès-verbaux issus des bureaux de vote … il apparaît clairement que nous sommes sortis vainqueurs avec une marge écrasante et un score supérieur à 50 % des suffrages exprimés », a-t-il déclaré.

Tchiroma appelle le président sortant à « faire preuve de courage et d’humilité » pour organiser une transition pacifique qui préserverait la stabilité du pays.
Il avertit : « Si le Conseil Constitutionnel proclame des résultats falsifiés et tronqués, il se rendra complice d’une forfaiture. Le peuple ne se laissera pas faire. »
Il appelle les Camerounais « du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest » à se mobiliser « dans la paix et l’amour de la patrie » pour défendre la vérité des urnes.
Tension et risques à venir
Selon Africa News, plusieurs sources locales signalent des heurts violents dans le Nord. Une enseignante, Madame Zouhaira, aurait été tuée lors d’une manifestation, un drame que Tchiroma qualifie de « sacrifice pour la liberté ».
Le camp présidentiel, cité par Le Monde Afrique, réfute cette revendication, rappelant que seule la Cour constitutionnelle peut proclamer les résultats définitifs.
Pour sa part, International Crisis Group avertit qu’en l’absence de dialogue, le pays risque une escalade politique et sociale.
Une phase décisive pour le pays
Issa Tchiroma Bakari s’appuie sur deux leviers : la « légitimité populaire » issue de ses meetings massifs et l’article 113 du Code électoral, qui autorise les partis à publier leurs propres décomptes. « Ces deux leviers font de moi le Président de la République, légal et légitime », a-t-il martelé.

Le Conseil Constitutionnel devrait proclamer les résultats officiels d’ici le 26 octobre. D’ici là, les appels à manifester se multiplient, notamment via les réseaux sociaux.
Le discours de Tchiroma Bakari intervient à un moment charnière. Entre la revendication d’une victoire “volée” et l’appel à la paix, le Cameroun se trouve à la croisée des chemins.
Les prochains jours seront décisifs pour savoir si le pouvoir et l’opposition choisissent le dialogue ou la confrontation.
