Don de sang au Cameroun : la FECADOBES dénonce les obstacles à l’accès aux transfusions

Noël Simo, président de la FECADOBES

Au lendemain de la Journée mondiale du donneur de sang célébrée le 14 juin, la Fédération camerounaise pour le don de sang bénévole volontaire (FECADOBES) a lancé un appel aux autorités, aux institutions et aux citoyens pour renforcer le don volontaire et mieux répondre aux besoins des patients.

Par Magnus Ful

Au-delà de la célébration, un plaidoyer pour la vie

À Yaoundé, la Journée mondiale du donneur de sang n’a pas seulement rendu hommage aux donneurs bénévoles. Elle a aussi mis en évidence les difficultés qui persistent dans plusieurs formations sanitaires du pays.

Cette année, la célébration s’est tenue sous le thème mondial « Une goutte d’humanité. Donnez du sang. Sauvez des vies ». Un cadre qui a permis d’ouvrir un débat plus concret sur l’état du don de sang au Cameroun.

Pour la FECADOBES, l’enjeu va bien au-delà d’une commémoration annuelle. L’organisation veut bâtir une culture du don bénévole qui assure un approvisionnement régulier en produits sanguins pour les patients qui en dépendent. L’OMS considère les dons volontaires et réguliers comme la source la plus fiable pour garantir cette disponibilité. Pourtant, dans de nombreux pays africains, les besoins dépassent les réserves.

Les responsables de la FECADOBES

Les familles confrontées à la hausse du coût du sang

L’un des moments forts de la rencontre a été l’intervention d’une journaliste venue relayer les préoccupations de nombreuses familles.

Elle a évoqué le cas de patients nécessitant des transfusions répétées, et pointé le poids financier qui en découle.

« Il y a une dizaine d’années, une poche de sang coûtait autour de 25 000 francs. Aujourd’hui, certaines familles parlent de 40 000 à 45 000 francs. Si elles n’arrivent pas à payer, cela peut devenir fatal », a-t-elle déclaré.

La situation est encore plus difficile pour les personnes souffrant de maladies chroniques ou qui ont besoin de transfusions régulières. Dans plusieurs cas, les familles doivent aussi mobiliser des donneurs de remplacement, ce qui complique davantage la prise en charge. La journaliste a insisté sur la nécessité d’une meilleure information du public et d’une coordination renforcée entre les acteurs du système.

Des interrogations sur la gouvernance du système transfusionnel

Une seconde journaliste a soulevé une autre préoccupation : la méconnaissance du fonctionnement de la chaîne transfusionnelle par les citoyens ordinaires.

Les hommes et femmes des médias Camerounais

Elle a regretté l’absence des responsables des banques de sang à cette rencontre avec la presse.

« Pourquoi les responsables des banques de sang ne sont-ils pas présents pour répondre aux questions techniques ? Les familles ont besoin de comprendre comment fonctionne réellement le système », a-t-elle affirmé.

Un manque de transparence qui, selon elle, laisse de nombreux usagers dans le flou sur les procédures de collecte, de conservation et de distribution du sang.

Noël Simo appelle à remettre les malades au centre des priorités

Le président de la FECADOBES, Noël Simo, a défendu le travail mené depuis plusieurs années par les associations de donneurs bénévoles à travers le pays.

Les difficultés vécues par les patients, dit-il, justifient la poursuite du plaidoyer pour une réforme plus ambitieuse du système transfusionnel.

« Il est anormal et inadmissible qu’un malade doive mobiliser de telles sommes pour accéder au sang dont il a besoin », a-t-il déclaré.

la FECADOBES lance un cri d’alarme sur la situation de la transfusion sanguine au Cameroun

Il a rappelé que les enjeux liés au sang concernent directement la survie de nombreux patients : femmes confrontées à des complications obstétricales, victimes d’accidents de la route, enfants souffrant d’anémies sévères. Tous méritent un accès au sang sans que cela devienne un parcours du combattant financier.

« Il faut mettre l’intérêt des malades et l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers », a insisté Noël Simo.

Une mobilisation nationale devenue indispensable

En fin de rencontre, la FECADOBES a renouvelé plusieurs recommandations : un meilleur financement du secteur transfusionnel, le renforcement des banques de sang, l’institutionnalisation de la Journée nationale du donneur de sang, et une implication accrue des établissements scolaires, des universités, des médias et des communautés religieuses.

L’idée centrale : que le don de sang devienne un réflexe, pas un geste réservé aux urgences ou aux 14 juin.

Car derrière chaque pénurie, il y a un patient qui attend. Et derrière chaque don, quelqu’un qui rentre chez lui. Le Cameroun a les ressources humaines pour changer cette réalité. Ce qui manque, c’est la régularité.

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