L’enregistrement numérique des taxis devient obligatoire à Yaoundé à partir du 3 juillet 2026. Cette réforme de la Communauté urbaine veut moderniser le transport urbain, renforcer la sécurité des usagers et améliorer la traçabilité des véhicules.
Par Magnus Ful
La Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) est à l’origine de la mesure. Dans un arrêté municipal signé le 25 juin 2026, le maire de la ville, Luc Messi Atangana, rend obligatoire l’enregistrement numérique de tous les propriétaires et conducteurs de taxis opérant dans la capitale.
L’opération démarre le 3 juillet et se poursuit jusqu’au 5 octobre 2026. Elle concerne tous les taxis jaunes à licence de première catégorie circulant dans les limites territoriales de la ville.
Une plateforme numérique pour moderniser le secteur
Les taxis s’enregistreront sur la plateforme « Taxi-Yaounde.com », développée par la CUY avec l’appui technique de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).
La CUY installera aussi des postes d’enregistrement à l’Hôtel de Ville et dans les mairies d’arrondissement, pour faciliter les démarches des propriétaires et conducteurs.

Selon la municipalité, ces données serviront uniquement à moderniser et à sécuriser le transport urbain, et à mieux suivre les véhicules en circulation. Les autorités assurent par ailleurs que la confidentialité des informations recueillies sera respectée.
Les taxis, pilier de la mobilité urbaine à Yaoundé
À Yaoundé, les taxis jaunes restent le principal moyen de transport pour des milliers de personnes. Le réseau de transport public de masse demeure limité. Alors, de nombreux habitants comptent chaque jour sur ces véhicules pour se déplacer.
Des études sur la mobilité urbaine recensent plusieurs dizaines de milliers de taxis en circulation dans la capitale. Le secteur pèse donc lourd dans l’économie urbaine et dans la vie quotidienne des populations.
Un secteur confronté à de nombreux défis
Le secteur reste pourtant fragile sur plusieurs points. Aucune base de données complète ne recense aujourd’hui les véhicules et les conducteurs, ce qui complique les contrôles, la planification des transports et l’identification des acteurs.
S’ajoutent à cela l’informalité de nombreuses activités, le vieillissement du parc automobile, les embouteillages chroniques, le non-respect de certaines règles de sécurité routière et des infrastructures encore insuffisantes.
Pour les autorités municipales, digitaliser le secteur devrait améliorer la gouvernance des transports urbains et renforcer la sécurité des usagers.
Un QR code et un nouveau numéro de portière
À l’issue du processus, chaque conducteur recevra gratuitement un identifiant unique sous forme de QR code. Chaque taxi héritera aussi d’un nouveau numéro de portière, qui remplacera tous les anciens identifiants.
Les taxis devront porter ce numéro sur les portières avant, pour faciliter leur identification.
Pour s’enregistrer, les propriétaires devront présenter leur carte nationale d’identité, la carte grise, la licence de transport, la carte de transport public, la visite technique, l’assurance et l’impôt général synthétique.
Les conducteurs, de leur côté, devront fournir leur carte nationale d’identité, un permis de conduire catégorie B, un certificat de capacité modèle T, une photo d’identité et leur badge professionnel.
Des sanctions prévues après le 5 octobre
La municipalité prévient : après le 5 octobre 2026, tout taxi non enregistré surpris en circulation à Yaoundé sera mis en fourrière.
Propriétaires et conducteurs ont donc intérêt à accomplir les formalités dans les délais, pour éviter toute sanction.
Une réforme appelée à transformer le transport urbain
L’enregistrement numérique ne se limite pas à l’identification des véhicules. La CUY veut aussi moderniser, par ce biais, l’ensemble de la mobilité urbaine dans la capitale. Reste à savoir si les acteurs du secteur suivront, et si les autorités pourront en assurer un suivi efficace sur la durée.
