La rencontre annuelle des coordonnateurs diocésains de santé se poursuit à Yaoundé jusqu’au 8 mai 2026. Elle porte sur l’évaluation d’un réseau qui assure près de 40% des soins au Cameroun.
Par Magnus Ful
Ouverts le 4 mai au siège de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, les travaux réunissent les responsables de l’Organisation catholique pour la santé. L’objectif est clair. Faire un état des lieux précis des performances et des défis du réseau. Dès l’ouverture, Mgr Samuel Kleda a posé le cadre. « Quand nous perdons la santé, nous avons tout perdu », a-t-il déclaré, insistant sur la mission sociale de l’Église dans le secteur sanitaire.

Un réseau étendu mais sous pression
Le système catholique de santé repose sur près de 500 formations sanitaires, dont des hôpitaux, centres de santé et unités spécialisées. Il représente un pilier important du système national.
Cependant, les responsables alertent sur plusieurs difficultés. D’abord, la pression croissante liée à la demande de soins. Ensuite, la rareté du personnel qualifié. Enfin, les contraintes financières qui fragilisent le fonctionnement quotidien.

Dans le même temps, la mise en œuvre de la couverture santé universelle est saluée, mais son application reste inégale. Des retards de paiement sont signalés, affectant la gestion de certaines structures.
Des données jugées insuffisantes pour piloter l’action
Par ailleurs, la question des données statistiques occupe une place centrale dans les discussions. Le thème de la rencontre met l’accent sur l’état des lieux et la production de données fiables.
Sur le terrain, les difficultés persistent. Les systèmes de collecte restent fragmentés et parfois incomplets.

La coordinatrice nationale, Dr Eugénie Ngah, évoque « une analyse froide des obstacles ». Elle souligne la nécessité de renforcer les ressources humaines, d’améliorer la cartographie des structures et de corriger les insuffisances dans certaines formations sanitaires, notamment en matière d’eau et d’électricité.
Vers des décisions attendues à la clôture
En parallèle, les échanges mettent en avant la nécessité de renforcer la solidarité entre diocèses et d’améliorer la gouvernance du réseau. Le respect des circuits d’approvisionnement en médicaments est également rappelé comme un enjeu clé.
« Les recommandations ne devront pas rester des vœux pieux », a insisté Mgr Kleda, appelant à des mesures concrètes et applicables sur le terrain.
Le ministère de la Santé publique, présent à travers ses représentants, reconnaît le rôle stratégique du réseau catholique dans l’offre nationale de soins. Il réaffirme son accompagnement.
Alors que les travaux se poursuivent jusqu’au 8 mai, les participants doivent transformer les constats en décisions opérationnelles pour renforcer un système sanitaire jugé essentiel, mais sous forte pression.



